
Sous chaque grille se cache une rivière
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En 2026 et 2027, le Parc Gruyère Pays-d’Enhaut met la Truite fario à l’honneur comme espèce cible. Emblématique des cours d’eau de la région, ce poisson dépend étroitement de la qualité de l’eau et de son habitat. S’intéresser à la truite, c’est donc aussi s’intéresser à ce qui, parfois sans que l’on s’en rende compte, finit dans nos rivières.
Cette démarche s’inscrit également dans le projet national AQUAVA, qui vise à mieux connaître et préserver les milieux aquatiques du territoire. La qualité de l’eau et la réduction des sources de pollution constituent ainsi des enjeux importants pour maintenir des cours d’eau favorables à la Truite fario et à l’ensemble des espèces qui les peuplent.
C’est notamment le cas de l’eau qui s’écoule dans les grilles d’eaux claires. Contrairement à une idée répandue, celle-ci n’est généralement pas acheminée vers une station d’épuration : elle rejoint directement un cours d’eau. La Fédération suisse de pêche constate une multiplication des pollutions liées à ces grilles.
Produits de nettoyage, chlore, pesticides ou autres substances peuvent ainsi atteindre rapidement les milieux aquatiques. La Truite fario, comme l’ensemble de la faune et de la flore qui peuple nos rivières, est sensible aux variations de la qualité de l’eau. Lorsqu’un cours d’eau est touché par une pollution, plusieurs mois, voire plusieurs années, peuvent être nécessaires pour retrouver un équilibre.
Des gestes du quotidien qui comptent
Certaines pollutions sont liées à des activités tout à fait courantes : lavage ou rinçage de voitures, de toitures et de terrasses, vidange de piscines contenant encore du chlore ou déversement de produits à proximité des grilles d’eaux claires. Selon les substances et les quantités concernées, leurs effets peuvent se faire sentir sur plusieurs kilomètres en aval.
Comprendre où va l’eau qui disparaît sous une grille permet d’éviter une bonne partie de ces situations. Quelques pratiques simples contribuent à préserver la qualité des cours d’eau :
- privilégier l’eau sans produit pour nettoyer balcons, terrasses ou toitures ;
- être attentif aux pesticides et autres produits chimiques utilisés dans le jardin, sur les balcons, dans les champs et les cultures ;
- suivre scrupuleusement les modes d’emploi des produits utilisés ;
- nettoyer le matériel de peinture, de maçonnerie ou les pulvérisateurs dans des lieux adaptés ;
- vider les eaux contenant des produits détergents dans les lavabos ou WC raccordés au réseau des eaux usées ;
- jeter mégots et déchets à la poubelle ;
- éviter les débordements susceptibles de provoquer des ruissellements vers les grilles d’eaux claires ;
- rapporter huiles de vidange, restes de peinture et autres produits nocifs dans les points de collecte prévus à cet effet ;
- privilégier les espaces dédiés pour le lavage des véhicules.
Et les produits biodégradables ?
La mention biodégradable peut prêter à confusion. Elle ne signifie pas qu’un produit est sans effet sur les organismes aquatiques lorsqu’il est directement rejeté dans un cours d’eau. Ces produits doivent eux aussi emprunter le réseau des eaux usées afin de pouvoir être traités en station d’épuration.
Protéger la truite, c’est protéger tout un milieu
À travers la Truite fario, espèce cible 2026-2027, le Parc souhaite attirer l’attention sur l’ensemble de l’écosystème dont elle dépend. Une rivière offrant de bonnes conditions à la truite bénéficie aussi à de nombreuses autres espèces animales et végétales.



