Les alpages, bien plus qu’une tradition

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L’année 2026 a été proclamée par les Nations Unies, Année internationale du pastoralisme et des pâturages. Cette action vise à mieux faire connaître l’importance de l’élevage extensif et des communautés qui en vivent, partout dans le monde.

Le pastoralisme consiste à élever des animaux en valorisant les pâturages naturels, souvent dans des régions où les cultures sont difficiles en raison du relief, de l’altitude ou du climat. En Suisse, cette pratique est particulièrement liée à la saison d’alpage, inscrite depuis 2023 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Chaque année, les troupeaux rejoignent les pâturages d’altitude pour y passer l’été. Au-delà de la production de lait, de fromage et de viande, cette pratique joue un rôle important dans l’entretien des paysages. En broutant, les animaux contribuent à maintenir les pâturages ouverts et à limiter leur embroussaillement. Lorsque le pâturage est adapté aux ressources naturelles, il favorise également une diversité de milieux accueillant de nombreuses espèces végétales et animales.

En Suisse, les pâturages d’estivage représentent quelque 465’000 hectares. Ces vastes surfaces témoignent de la place qu’occupe encore aujourd’hui la saison d’alpage dans notre territoire, son économie et son patrimoine culturel.

Un patrimoine vivant, bien au-delà de l’été

La saison d’alpage repose sur des connaissances et des savoir-faire transmis de génération en génération. Soins aux animaux, fabrication de fromage, entretien des pâturages, des clôtures et des bâtiments : les tâches sont nombreuses et demandent un engagement important.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le travail ne s’arrête pas à la désalpe ! La préparation de la saison suivante, l’entretien des infrastructures et l’organisation du travail se poursuivent tout au long de l’année.

C’est notamment cette réalité que le Parc a souhaité faire découvrir au public lors du Salon des alpages, les 10 et 11 octobre derniers aux Diablerets. Figurant parmi les invités d’honneur de l’événement, il y a proposé un jeu permettant d’explorer les multiples tâches nécessaires au bon déroulement d’une saison d’alpage. Déjà testée lors de la Désalpe de L’Etivaz, cette approche ludique a permis de porter un autre regard sur une activité souvent associée aux seuls mois d’été.

Quels défis pour les alpages de demain ?

Si la saison d’alpage façonne nos montagnes depuis des siècles, elle doit aujourd’hui s’adapter à de nouvelles réalités. Les épisodes de chaleur et de sécheresse mettent à l’épreuve les ressources en eau et en fourrage. Les difficultés à trouver de la main-d’œuvre, les conditions de travail exigeantes et la cohabitation avec les autres activités pratiquées en montagne représentent également des défis importants.

Ces enjeux ont notamment été abordés lors d’une conférence organisée le 25 septembre à Naters, autour du thème Un pastoralisme vivant – pour une gestion durable des pâturages en Suisse. L’association Saison d’alpage vivante, dont le Parc est membre, a participé aux échanges. Les discussions ont souligné l’importance de préserver les savoir-faire tout en faisant évoluer les pratiques pour répondre aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux.

Maintenir des alpages vivants implique notamment de garantir des conditions de travail viables, d’adapter la gestion des pâturages aux ressources disponibles et de favoriser une bonne cohabitation entre agriculture, loisirs et protection de la nature.

Les alpages sont bien plus qu’un héritage du passé : ce sont des espaces de production, de biodiversité et de vie, dont l’avenir se construit aujourd’hui. À travers ses actions de sensibilisation et son engagement auprès des acteurs du territoire, le Parc contribue à faire connaître cette richesse et à encourager sa préservation pour les générations futures.