
Le loup au cœur des échanges à Rougemont
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Quelle est la situation actuelle du loup dans les Préalpes vaudoises ? C’est autour de cette question que près de 200 personnes se sont réunies le 4 juin dernier à Rougemont lors d’une conférence publique organisée par l’État de Vaud, en collaboration avec le Parc Gruyère Pays-d’Enhaut et la fondation KORA.
Face aux enjeux écologiques, agricoles et sociaux liés au retour du grand prédateur, cette soirée visait à proposer au public des informations actualisées sur la situation régionale, l’état des connaissances scientifiques et les outils de gestion actuellement disponibles.
La première partie de la conférence a apporté un éclairage scientifique sur la présence du loup. Michael Thomi, inspecteur de Police faune-nature du Pays-d’Enhaut, a présenté le travail de suivi réalisé sur le terrain afin de mieux comprendre les déplacements de l’espèce et transmettre des informations fiables aux personnes concernées, notamment au monde agricole.
Fridolin Zimmermann, coordinateur du monitoring des grands carnivores en Suisse au sein de la fondation KORA, a ensuite partagé les connaissances actuelles sur le comportement du loup, son habitat, ses déplacements et l’évolution des populations. L’exemple du suivi d’un individu équipé d’un collier émetteur a illustré concrètement l’étendue des déplacements possibles et permis de replacer la situation locale dans un contexte plus large.
La soirée a également permis de découvrir WolfCam, une solution innovante présentée par Jérémie Moulin, directeur de la fondation OPPAL dans le cadre du projet MonDe (Monitoring & Deterrence). Ce système de surveillance nocturne associe caméra thermique et intelligence artificielle pour détecter la présence d’un loup à proximité des troupeaux et transmettre une alerte aux éleveurs et bergers. Une piste parmi les solutions non létales actuellement développées pour renforcer la protection des troupeaux.
La seconde partie de la rencontre s’est concentrée sur les aspects institutionnels et les mesures de gestion. Sébastien Beuchat, directeur de la Direction des ressources et du patrimoine naturel du Canton de Vaud, a présenté l’évolution de la présence du loup dans les Préalpes ainsi que le cadre légal encadrant la régulation et le traitement des cas de prédation.
Yvonne Ritter, chargée de missions à la Direction générale de l’agriculture et de la viticulture, a rappelé les dispositifs actuellement déployés pour soutenir la protection des troupeaux, en soulignant le rôle déterminant des pratiques mises en œuvre sur le terrain.
En clôture, les conseillers d’État Monsieur Vassilis Venizelos et Madame Valérie Dittli ont réaffirmé la volonté des autorités de prendre en compte les préoccupations du monde agricole tout en poursuivant la recherche de réponses équilibrées face à une situation complexe.
Tout au long de la soirée, les échanges entre spécialistes, autorités et population se sont déroulés dans une atmosphère attentive et respectueuse. Malgré la diversité des points de vue exprimés, cette rencontre a permis de mieux comprendre les enjeux liés à la présence du loup et de nourrir le dialogue autour de sa cohabitation sur le territoire.
La soirée s’est terminée autour d’une verrée offerte par le Parc.

