PARC mention Infra Def1 QUADRI meo20170314 73431

Des espèces disparaissent en Suisse malgré l’attention portée à l’environnement. Partant de ce constat alarmant pour la biodiversité, la Confédération a mis en place un plan d’action. Sa stratégie, résumée en quelques mots, consiste à soigner les espaces protégés et à les relier entre eux (plus d’informations).

Il a été décidé que cette stratégie, avant de s’appliquer à toute la Suisse, serait testée dans des zones pilotes. Les Parcs suisses ont été désignés pour jouer ce rôle, rôle manifeste puisque que leurs missions concourent à la sensibilisation et à la protection de la nature.

La biodiversité ne connaît pas les frontières
A noter que cet effort pour la biodiversité a lieu dans toute l’Europe. Plutôt que de parler d’infrastructure écologique, les pays francophones voisins utilsent l’expression trame verte. En France ce concept commence sérieusement à être appliqué au début des années 2000.

Actions concrètes à portée de tous
A travers ces articles, vous découvrirez que des actions concrètes sont déjà en place. Et que pour aider la faune et la flore de nos régions, nous pouvons tous nous engager selon nos forces (par exemple en adhérant à la charte des jardins durables ; en préparant des plantons à échanger; en plantant, si vous disposez d’un terrain le permettant, des arbres fruitiers haute tige ; en pratiquant du bénévolat).

 

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Synthèse et bilan du rapport IE

L’analyse de l’infrastructure écologique du territoire du Parc a montré que l’état actuel est plutôt bon. Elle a permis d’identifier les zones présentant une forte biodiversité et donne des pistes pour l’amélioration de leur mise en relation.

Carte IE Parc d90f1 Etat existant

L’analyse se base sur les diverses observations d’espèces signalées sur le territoire du Parc (38'090 observations de 2'372 espèces) ainsi que sur le type de milieu. Les milieux ont été répartis en 6 groupes à savoir les milieux aquatiques & humides, les milieux secs, les milieux ouverts d’altitude & les milieux rocheux, les forêts, les milieux agricoles et les milieux bâtis. Les données espèces et milieux ont été combinées ce qui a permis d’identifier des zones présentant une biodiversité élevée appelée hot-spots. Sur tout le territoire du Parc, 71 zones ont été identifiées en hot-spot.

Le bilan de l’état actuel fait état d’une surface importante actuellement sous protection (plus de 17% du territoire), il s’agit par exemple de biotopes d’importance nationale ou de réserves naturelles. Ces zones protégées et les hot-spots se superposent en grande partie. Ils sont regroupés sous le terme de « zones nodales », qui concernent près du quart du territoire du Parc. L’analyse s’est également intéressée aux connexions entre ces « zones nodales ». Différents types de surfaces comme les surfaces de promotion de biodiversité en agriculture ou d’éléments naturels par exemple des haies et des arbres isolés ont été étudiés afin de faire un premier bilan. Les différentes surfaces de connexion couvrent, selon l’analyse, plus de 40% du territoire.

Dans l’ensemble, l’état actuel est jugé plutôt bon. Ce bilan démontre la valeur naturelle du territoire du Parc.

 

Etat souhaité

Une partie des zones de hot-spot n’ont pas de statut de protection. La délimitation de périmètres précis de biotopes dans ces zones pourrait permettre la création de conventions de gestion visant le maintien sur le long terme de la richesse naturelle identifiée de ces zones.

La seconde partie de l’analyse s’est portée sur la mise en réseaux des zones nodales entre elles. Des espèces cible ont été choisies pour chaque milieu comme la coronelle lisse (une petite couleuvre), le tétra lyre ou le sabot de Vénus et, en fonction de leur potentiel de dispersion, une aire de mise en réseau préférentielle a été définie. Cette analyse a permis d’identifier des connexions importantes à maintenir ainsi que certaines lacunes, notamment dans les fonds de vallée. Alors que dans certains secteurs il semble nécessaire de créer des éléments de liaison comme des haies, d’autres déjà existants peuvent être améliorés en fonction des espèces présentes. Par exemple, la qualité écologique de haies peut être améliorée en favorisant les essences à croissance lente, en maintenant des buissons épineux ou encore en créant des éléments de structure comme des tas de pierres ou de branches.

La mise en relation des différentes zones nodales est importante pour la conservation des espèces. Elle permet un brassage génétique des espèces et augmente la résilience des écosystèmes. Tout en chacun peut participer à sa façon à l’amélioration de l’infrastructure écologique et le Parc se réjouit de pouvoir collaborer avec les différents acteurs intéressés !

 

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Mise en place de mesures

Suite à l’analyse de l’état de l’infrastructure écologique (IE) de son périmètre, le Parc a développé différentes propositions de mesures afin de renforcer la connectivité des zones présentant une richesse écologique élevée.

Le Parc a donc décidé de mettre en place des mesures visant à renforcer cet état existant. Il a été proposé aux communes d’effectuer une analyse plus précise de leur territoire afin qu’elles puissent avoir une vision plus claire de leurs valeurs naturelles et d’étudier la possibilité de renforcer le statut de protection de biotopes potentiellement menacés ainsi que de collaborer à la mise en place d’une gestion adaptée de ces sites.

Milieux agricoles
Dans le réseau agricole, les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) jouent un rôle important dans la mise en réseau des biotopes. Dans chaque région du Parc se trouve un réseau agro-écologique qui regroupe de nombreux agriculteurs. Le Parc souhaite collaborer avec les agriculteurs intéressés afin d’améliorer la qualité écologique de certaines SPB existantes comme des haies ou des pâturages extensifs. 

Milieux forestiers
Le réseau des forêts est celui qui recouvre la plus grande part du territoire du Parc. Afin de le renforcer, des projets visant la conservation de certaines espèces seront réalisés par les gardes forestiers avec le soutien financier du projet Trames vertes du Parc. Une sensibilisation des propriétaires forestiers à la création d’îlot de sénescence, à la protection d’arbres habitats ou encore la création de lisières étagées sera réalisée. 

Cours d’eau et milieux humides
Les cours d’eau et les milieux humides ont été regroupés dans le même réseau. Le Parc souhaite apporter une aide aux communes dans la réalisation de projets cantonaux de revitalisation de cours d’eau. Les cours d’eau naturels sont d’une part des biotopes présentant une richesse plus élevée et leurs bords sont plus favorables aux déplacements de la faune. Le Parc souhaite également collaborer à l’amélioration de sites de reproduction de batraciens, notamment en revitalisant des sites qui se seraient dégradés.

Milieux bâtis
Le dernier réseau est celui des milieux bâtis. Les villages et les zones d’activités humaines, via des aménagements simples, peuvent être favorables à différentes espèces. La plantation de vergers, d’arbres et arbustes indigènes ou encore la pose de nichoir pour oiseaux ou chauves-souris en font partie. Le Parc soutient d’ailleurs financièrement la création de tels éléments sur son territoire.

Biotopes locaux
Via son projet Trames vertes, le Parc est prêt à apporter des conseils et à soutenir financièrement la mise en place ou la revitalisation de biotopes locaux. Il peut s’agir de haies, d’arbres isolés, d’étangs ou encore de milieux rudéraux favorables aux abeilles sauvages. Ce soutien est ouvert à toute personne souhaitant collaborer au renforcement de l’infrastructure écologique sur le territoire du Parc. Vous souhaitez aménager un biotope sur votre terrain ? Alors contactez le Parc par email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. !

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Mesures pour les milieux agricoles

L’analyse de l’infrastructure écologique (IE) du Parc a permis de mettre en évidence des zones présentant une richesse biologique élevée, appelées hot-spot, protégées ou non, ainsi que des zones de mise en réseau préférentielles. Le sous-réseau agricole suit les fonds de vallées et les terrains en faible pente. Sur les versants se retrouvent des milieux secs et des pelouses d’altitude. Ce sous-réseau est donc particulièrement important dans la connectivité des versants.

Les milieux agricoles ont la possibilité de participer au projet pilote Infrastructure écologique qui leur donne accès à des soutiens, d’une part pour la connaissance de cette infrastructure et d’autre part pour financer des mesures de revitalisation ou de création de biotopes et d’éléments de liaison. De nombreuses mesures sont déjà appliquées, telles que les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) ou encore via les mesures prises dans les réseaux agro-écologiques. Afin d’améliorer cette infrastructure écologique, le Parc propose des collaborations avec les milieux agricoles afin de renforcer ou d’améliorer les mesures déjà existantes.

Mesures pour les milieux forestiers

Les forêts couvrent de grandes surfaces du territoire du Parc. Les espèces liées aux milieux forestiers manquent de forêts avec une dynamique naturelle. Des mesures visant à améliorer la biodiversité en forêt sont subventionnées par les cantons. Tout propriétaire forestier a la possibilité de mettre en place certaines de ces mesures.

Le sous-réseau des forêts occupe de vastes surfaces et c’est le sous-réseau le plus étendu sur le territoire du Parc. Il forme des ensembles presque continus sur les versants mais dans les fonds de vallée, des manques de forêts gérées avec un objectif biologique prépondérant sont ressortis de l’analyse.

La création de réserves forestières et d’îlots de sénescence principalement en fond de vallée permettrait de renforcer les valeurs naturelles de ce sous-réseau. En ce qui concerne la mise en réseau, les lisières apparaissent comme des facteurs clés. Pour remplir au mieux leur fonction, elles se doivent de contenir des arbres de grand diamètre, des sujets sénescents et avoir une structure étagée ainsi qu’un tracé non rectiligne. Les arbres isolés, les haies, les cordons boisés ainsi que les bosquets servent d’éléments de liaison dans les milieux plus ouverts.

Dans le cadre de la stratégie biodiversité Suisse et de la Politiques forestière 2020, des instruments ont été définis et des aides financières débloquées pour améliorer la biodiversité dans la forêt suisse. Un des objectifs est notamment la mise en réserve de 10% de la surface forestière suisse d’ici 2030 ainsi que la création de 2 à 3 % d'îlots de sénescence et d'arbres-habitats. Dans l’optique de renforcer l’infrastructure écologique sur son territoire, le Parc a sensibilisé les communes à la mise en place de telles mesures dans les forêts communales. Les différentes mesures proposées s’adressent à tous les propriétaires forestiers. Vous trouverez un résumé des instruments et des fonds disponibles dans le document à télécharger.

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Mesures trames vertes en forêt 

Grâce au projet Trames vertes du Parc, des travaux forestiers ont pu être réalisés sur les hauts de Veytaux en faveur de la Rosalie des Alpes et de la couleuvre d’Esculape.

Située juste entre la châtaigneraie de Champ Babau et le lac, cette forêt de pente est riche en espèces. On y trouve la couleuvre d’esculape. Ce grand serpent inoffensif de couleur brun caramel est l’un des rares à avoir bonne réputation. Sa prédilection pour les rats et les souris n’y est probablement pas pour rien. Il est représenté sur le caducée des professions médicales. L’espèce est par endroit abondante au Tessin et en Valais, mais bien plus rare dans le chablais vaudois. Sa régression due à la destruction de son habitat lui vaut une place dans la liste rouge des reptiles. Afin de conserver l’espèce, des coupes d’arbres ont été réalisées pour créer des ouvertures et des lisières étagées. De plus, des branches ont été mises en tas, futurs abris et sites de ponte.

Une autre espèce qui a bénéficié de mesures Trames vertes est la rosalie des Alpes. Ce magnifique coléoptère bleu océan et noir aux longues antennes est d’une rare beauté. Avec lui, tout est question de patience. Ses larves se développent dans le bois mort et y passent jusqu’à cinq années avant de sortir du cocon. Le stade adulte ne dure que quelques semaines au cours desquels il lui faut se reproduire. C’est pour cette rareté que les forestiers ont créé des totems, aussi appelés bougies, des arbres morts sur pieds, afin qu’il puisse y pondre ses œufs. Le bois mort joue un rôle essentiel pour une grande partie de la biodiversité en forêt ; coléoptères, oiseaux, mousses, lichens, champignons, etc. dont la fonction écologique de décomposeurs est fondamentale.

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 Les bûcherons ne sont pas que des coupeurs de bois

Autant pour le monde végétal qu’animal, les forêts et les différents éléments boisés, tels que les haies, les bosquets, les arbres isolés, ont une grande importance. Depuis quelques années, des mesures en faveur de la biodiversité sont prises dans ces milieux. Exemple avec le Groupement forestier Leysin – Les Ormonts (GFLO) qui gère plus de 5'500 hectares de forêts et emploie douze personnes. Laurent Berset, directeur du GFLO, témoigne.

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Quelles mesures visant à améliorer la biodiversité dans les forêts de vos régions (Leysin, Ormont-Dessous et Ormont-Dessus) ont été prises ?

Laurent Berset : D’une manière générale, nous avons amélioré beaucoup d’habitats, dont celui du tétras lyre, de la gélinotte et de la bécasse des bois. On a également entretenu des zones humides qui commençaient à être envahies et qui perdaient de leur valeur, ainsi que des bas-marais. On a créé de nouvelles mares avec des biologistes qui nous ont conseillés afin d’amener une richesse supplémentaire à ce genre de biotopes. Nous avons réalisé des coupes de bois spéciales pour favoriser la rosalie des Alpes dans la région de Chillon et de Leysin. Ce sont des actions qui ont lieu dans des endroits où l’on sait que cet insecte très rare est repéré.  Nous avons encore dégagé une série de murs en pierre sèche. Nous les avons réparés pour maintenir leurs fonctionnalités, conserver les lézards et la petite faune qui y vit.

Les lisières entrent également dans ces mesures.

Oui, nous avons effectué des traitements de lisière. Nous les choisissons selon leur orientation, nous préférons les lisières placées au Sud. Il s’agit de casser leurs structures quand elles sont trop régulières, nous y favorisons un mélange d’essences plus important qu’à l’intérieur de la forêt : on y trouve des cerisiers, des chênes et toute sorte d’arbustes.

Avez-vous créé des îlots de sénescence ?

Oui. D’ailleurs le premier îlot que nous avons mis en place – il date de quatre ou cinq ans – est situé dans le Parc, aux Communs de l’Hongrin, entre Les Mosses et La Lécherette. La commune d’Ormont-Dessous en est propriétaire. L’idée est de laisser les arbres vivre le cycle de leur évolution dans son entier. Cela amène du bois mort dans une forêt et favorise ainsi la biodiversité. A part des visites pour expliquer cette démarche, nous ne touchons plus cette partie de la forêt. D’autres îlots sont programmés dans un proche avenir.

Et des réserves forestières ?

Nous sommes en train de réaliser un projet intéressant dans la vallée de l’Hongrin. Les communes de Leysin et la Confédération sont impliquées. Ce sera la plus grande réserve du groupement et de l’arrondissement 3.

Lisières, îlots de sénescence, réserves forestières représentent des facteurs clés de la mise en réseau biologique. Il y a encore les arbres isolés, les haies, les cordons boisés et les bosquets. Qu’en est-il sur le territoire géré par votre groupement forestier ?

Pour les bosquets et les arbres isolés, un règlement communal les protège. Si la taille d’un arbre isolé l’exige, le propriétaire avant de le couper doit aviser le garde-forestier qui émet un préavis. C’est une question de pesée d’intérêts. Le règlement vise à éviter que les propriétaires aient une forêt autour de leur chalet qui n’est pas évidente à gérer non seulement pour eux et mais aussi pour le voisinage et de l’autre côté à faire en sorte que le paysage soit quand même garni. Ces éléments du paysage sont importants.

Quels sont les avantages des mesures biodiversité en forêt ?

Elles permettent de mettre en valeur, de maintenir des biotopes intéressants, de dynamiser la biodiversité et d’initier de nouveaux projets. Elles nous ont aidés à découvrir que nous avions déjà pas mal de richesses sur notre territoire et qu’il suffisait de les mettre en valeur. En plus cela donne une autre image des bûcherons qui ne sont pas que des coupeurs de bois. Leur travail est diversifié et en même temps ils apprennent de nouvelles choses.

Quelles sont les difficultés liées aux mesures biodiversité en forêt ?

A partir du moment où nous avons mis des choses en place, nous devons avoir un programme qui en assure le suivi, pour nous mais aussi pour nos successeurs. L’autre difficulté est de maintenir l’intérêt des propriétaires, la façon dont nous en parlons avec eux est importante, elle va déterminer leur motivation. Et puis trouver les personnes compétentes pour nous aider dans nos projets n’est pas toujours évident. Parfois il faut beaucoup de temps pour que tout le monde se rassemble autour de la mare et soit d’accord.

Comment voyez-vous l’avenir concernant ces mesures ?

La prochaine étape pour moi est de voir, comme pour les réseaux agricoles, ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas. Nous devrons savoir lire la nature. Même s’il y a encore une marge de réalisation et d’amélioration, à un moment donné, nous allons atteindre un plafond, nous ne pourrons pas faire plus.

Comment sont financées ces mesures ?

En principe par des aides financières de la Confédération et du canton. Le taux de participation aux coûts des travaux dépend du type de mesures et de l’importance du biotope. Certaines mesures sont subventionnées à 100%. D’autres à 70%. Dans ces cas il faut motiver les propriétaires. Les communes participent assez facilement si le projet est justifié, les négociations sont généralement plus compliquées avec les propriétaires privés, mais cela n’est pas systématique. Le GFLO assume une part s’il y a lieu. Et il essaie de faire intervenir toutes les associations liées à ce genre de projet qui peuvent faire appel à des bénévoles. Cela n’est pas forcément plus facile, parce que cela demande de l’organisation. Mais cela nous permet de discuter, de partager notre travail avec toutes sortes de gens qui connaîtront ainsi nos actions. Du côté du Parc, nous avons des projets qui seront soutenus par la MAVA à hauteur de 30%, ce qui couvre la part du propriétaire. Il y a notamment celui qui concerne la création d’une gouille dans la forêt de Mimont, aux Mosses.

 

Gestion des zones alluviales

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Une zone alluviale est un lieu qui borde les rivières, les torrents et parfois les lacs. Elle se situe à la transition entre la terre et l'eau. Ce milieu est souvent inondé. L’alternance de sécheresse et d’inondation apporte aux zones alluviales une grande diversité écologique. Suite à l’endiguement des rivières pour gagner du terrain ou encore la construction de barrages ou de prises d’eau en amont, la dynamique de nombreux cours d’eau a été fortement altérée. La perte des zones alluviales est estimée à 70% depuis 1850.

En 1992, un inventaire des zones alluviales d’importance nationale est rentré en vigueur. Il s’agit de zones protégées qui présentent encore, des tronçons de cours d’eau aux abords desquels se développement une végétation alluviale typique, comme les forêts d’essence à bois tendre telles que les saules ou les aulnes blanc. Elles offrent un habitat spécifique à de nombreuses espèces aujourd’hui menacées.

Dans le périmètre du Parc, sept de ces zones sont présentes : trois sur la Sarine, une sur la Torneresse, une sur le Javro, une qui borde le lac de Montsalvens et une sur le Plasselbschlund sur la limite du Parc 

Réorienter un peuplement forestier
Dans les systèmes alluviaux naturels, des crues inondent périodiquement la végétation voire décapent le sol ce qui permet le maintien d’une végétation typique des bords de cours d’eau. Dans les systèmes perturbés par des contraintes humaines, les forêts d’essences à bois tendre tendent à être remplacée par des essences à bois dur impliquant la perte de toute une guilde d’espèces qui leurs sont associées. Il est parfois nécessaire de prendre des mesures de gestion forestières afin de maintenir la diversité végétale de ces zones. L’idée est de conserver ou de réorienter un peuplement forestier vers une végétation plus proche de celle d’un système alluvial naturel. Des coupes visant à sélectionner certaines essences sont alors effectuées et les épicéas sont systématiquement enlevés car ils ne devraient naturellement pas se trouver dans ces secteurs et ils accélèrent la perte de leurs qualités intrinsèques.

Une nouvelle dynamique à observer
Lors des travaux ou juste après, l’impact paysager de ces travaux est assez important. Cependant, la suppression de ces peuplements inadaptés permet à la végétation alluviale de reprendre ses droits et ce très rapidement. Ainsi, dans les endroits où vous avez l’habitude de vous promener, profitez d’observer la nouvelle dynamique qui se met en place dans ces milieux. Vous aurez peut-être la chance d’observer une espèce rare telle que le chevalier guignette, un oiseau typique des zones alluviales.

Planter des arbres

Chêne, érable, merisier ou autre, Parc propose d’acquérir des arbres indigènes au prix de CHF 50.00 l’arbre. Ces arbres peuvent être plantés aussi bien dans les prés et les champs que dans les jardins ou parcs d’agrément si l’espace s’y prête.

Les acquéreur s’engagent à maintenir ces arbres et à les entretenir selon certaines recommandations pour une période d’au moins huit ans via la signature d’une charte. Les plants seront commandés par le Parc auprès de pépiniéristes et livrés sur place en accord avec les propriétaires. Les acheteurs s’engagent à soigner correctement les arbres pendant huit ans au minimum en signant un contrat avec le Parc. La plantation d’arbres a lieu au printemps ou à l’automne, durant la période de repos de la végétation. 

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La Monse allee

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Planter une haie vive

Les haies vives et les allées d’arbres représentent des niches écologiques ainsi que des couloirs de déplacement pour la faune. Elles jouent également un rôle important d’un point de vue paysager.

Le Parc soutien la plantation d’arbustes indigènes et d’allées d’arbres indigènes dans son périmètre via son projet Trames vertes. Pour favoriser les allées d’arbres et bosquets, le Parc prend en charge le prix des plants dès la plantation d’un alignement de quatre arbres.

Préférez des essences indigènes
Les thuyas ou les laurelles sont souvent utilisés pour délimiter une parcelle. Malheureusement, ces buissons exotiques n’ont qu’une faible valeur écologique et paysagère. Les épicéas et les sapins blancs n’ont également pas une grande valeur écologique. Afin d’améliorer la qualité écologique et paysagère des milieux bâtis, le Parc propose à tout propriétaire de terrain sur son territoire de participer financièrement au remplacement d’une haie de thuyas ou de laurelles par des essences de buissons indigènes, sur la base d’un accord préalable. Le Parc est notamment prêt à prendre en charge les nouveaux plants. Le Parc conseille toute personne intéressée en lui fournissant une liste de buissons d’essence indigène. Vous trouverez également des informations sur les haies indigènes dans le document du Parc Les haies naturelles.

La faune indigène est fortement liée aux essences de buissons indigènes qui lui offrent abri et nourriture. La pie-grièche écorcheur par exemple a besoin de buisson épineux pour venir accrocher aux épines les insectes qu’elle a attrapés. Les haies composées d’essences indigènes permettent aux milieux bâtis de rester accueillant pour les espèces indigènes et les maintiennent perméable aux déplacements de la faune.

Le Parc vous conseille et crée avec vous un plan de plantation et finance l’entier du coût des plants d’essence indigène. La plantation est à la charge de l’acquéreur qui s’engage par ailleurs à prendre soin des plants. Le remplacement de haies de laurelles ou de thuyas par des essences locales est également soutenu. Une livraison est organisée en 4 points du Parc au début du mois d’avril et une autre en octobre.

Les propriétaires du terrain devront s’engager à maintenir ces milieux et à les entretenir selon certaines recommandations pour une période d’au moins huit ans via la signature d’une convention. Les plantations de nouveaux buissons devraient être prévues durant la période de repos de la végétation soit à la fin automne soit au début du printemps.

Intéressé·e ? Contactez le Parc Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour plus de renseignement!

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A Rossinière, le troc des thuyas contre une haie vive

Nicolas et Isabelle Cretegny Henchoz habitent avec leurs enfants dans un chalet à Rossinière. Ce printemps ils ont remplacé les thuyas qui entouraient leur terrain par une haie composée d’arbustes indigènes. Ils ont profité de l’action lancée par le Parc.

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Pourquoi ce choix, arracher des thuyas pour planter une haie vive ?

Nicolas Cretegny Henchoz. Les haies de thuyas sont mortes. Il n’y a rien qui pousse dessous, si ce n’est de la mousse. Au nord du terrain, à cause de l’ombre des thuyas, c’était même devenu très humide sur deux ou trois mètres de large. Nous ne nous tenions presque jamais dans cet endroit.

Vous n’aviez plus besoin des thuyas pour vous entourer ?

Je suis architecte, je ne suis pas pour cloisonner les propriétés, je n’ai pas envie d’isoler les parcelles. Mon beau-père, qui avait planté les thuyas à l’époque, avait certainement envie d’être dans son monde. Nous n’avons plus ce besoin. Depuis que nous avons enlevé cet écran total, nous renouons des contacts avec les voisins. Cela nous permet d’échanger quelques mots. C’est vraiment convivial.

Quand avez-vous planté votre haie vive ?

Le Parc a fait la commande des arbustes et nous l’avons plantée au printemps. Elle a bien pris même si le sol n’est pas exceptionnel. Deux, trois semaines avant, nous avons enlevé les thuyas. Il a fallu un tracteur pour arracher les racines. Cela s’est fait assez facilement.

Quels sont les avantages de cette nouvelle haie ?

Elle est vivante. En quelques mois nous avons déjà apprécié son évolution au niveau des feuillages, des couleurs. Les oiseaux viennent dedans. J’ai semé une prairie fleurie tout autour. De plus la masse de la haie est intéressante, elle donne de la profondeur au paysage, elle nous relie au village. Avant on ne voyait que le clocher de l’église.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui désirent planter une telle haie ?

Demandez l’avis de personnes compétentes pour le choix des essences des arbres. On peut vite se perdre tant le choix est grand.  Il est important de regarder la résistance au climat, de choisir les essences qui se complètent bien, qui sont indigènes. De ne pas les planter n’importe comment. Exemple : nous avons placé au nord les essences qui ont besoin de plus d’ombre.

Quels sont les essences qui composent votre haie ?

Chèvrefeuille, églantier, aubour des Alpes, sureau, argousier (arbuste avec lequel nous pouvons faire plein de choses), prunellier, fusain d’Europe, saule, amélanchier.

Quel est l’entretien de cette haie ?

J’ai signé une convention avec le Parc qui m’engage à la tailler et à l’entretenir.

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Amélioration de bosquets

Les rares bosquets qui existent encore font l’objet d’une attention particulière dans le Parc. Exemple avec un agriculteur de Cerniat, Emmanuel Ruffieux, qui a participé à la renaturation de l’un d’eux.

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Ce lieu, un talus boisé situé au-dessus de la route qui conduit à la chartreuse de la Valsainte, il l’apprécie. On y voit des chevreuils, toutes sortes d’oiseaux, des salamandres noires. L’autre soir, j’ai croisé des blaireaux. Ils sont marrants, ils font du bruit quand ils se déplacent. Arbres et arbustes ont poussé sur ce terrain caillouteux. Cela devait être une carrière, explique Emmanuel Ruffieux qui s’occupe du domaine de la Cierne. Ils s’en servaient certainement pour le couvent. La géographie en escaliers des prés environnants accrédite cette hypothèse.

Quand Emmanuel Ruffieux a entendu parler du projet de renaturation des bosquets, lors d’une rencontre du réseau écologique de la Jogne auquel il appartient, il a pensé à ce petit bois. Il a contacté le Parc qui a pris en charge son amélioration. Guy Rochat, responsable : le projet était d’abattre certains arbres tout en préservant des essences intéressantes comme l'érable, le chêne ou le merisier. Afin de maintenir des souches, des arbres ont été coupés à 1,5 mètre du sol. Ces éclaircissements permettront le développement d'une strate buissonnante composée notamment de prunellier, d'églantier ou encore de sureau noir.

Dans le canton de Fribourg, avant d’entreprendre des travaux dans un bosquet on est obligé de faire appel à un garde-forestier. C’est donc Jean-Maurice Chappalley qui est venu marquer les arbres à couper. Emmanuel Ruffieux s’est chargé du travail de bûcheronnage. Puis il a entassé les branches pour créer des pouponnières à hermines. Sur ces tas, volettent déjà certains passereaux intéressés à y nicher.

Emmanuel Ruffieux agit par conviction personnelle. Il aime les animaux. Que ce soit son bétail, les hirondelles qui nichent dans ses étables, les hérissons, il a une anecdote pour chacun d’entre eux. Avec ce bosquet, il touchera également des paiements directs. Il laissera une partie herbeuse libre tout autour. Pour ce printemps, il a encore le projet d’améliorer une haie.

 

Plantes invasives

Les plantes exotiques envahissantes sont une menace pour la faune et la flore indigène. Avec leur potentiel de dispersion élevé, elles peuvent rapidement coloniser des milieux naturels et remplacer les espèces de nos régions. Des actions de lutte sont déjà menées sur le territoire du Parc conjointement avec les communes et les cantons. Malheureusement les jardins privés abritent souvent des foyers de plantes qui dispersent ensuite dans la nature. Ceci rend la lutte difficile.

Afin de limiter ce risque de propagation, le Parc propose à toute personne possédant des solidages, des arbres à papillons (buddléia de David), de la renouée du Japon, de la berce du Caucase ou de l’impatiente glanduleuse de les remplacer soit par des plantes vivaces indigènes, comme la centaurée des montagne, l’œillet des Chartreux, la cardère sauvage, la vipérine ou encore le géranium sanguin, soit par des buissons indigènes comme l’églantier, le fusain, la coronille des jardins ou la viorne obier.

Voulez-vous vérifier si vous possédez des plantes exotiques envahissantes dans votre jardin ? Alors n’hésitez pas à consulter le document du Parc Plantes exotiques envahissantes.

Le Parc propose son aide pour vous débarrasser de la plante exotique envahissante (attention ces plantes ne peuvent pas être compostées) et, en échange, de vous remettre des plants ou des graines des espèces de remplacement choisies. N’hésitez pas à nous contacter !

Il sera demandé au propriétaire de signer la Charte des jardins.

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Voies de déplacement des espèces

Le maintien de la diversité implique que les espèces puissent se déplacer avec le moins d’obstacles possible. Que ce soit pour se nourrir, se reproduire ou migrer entre les quartiers d’été et ceux d’hiver, elles ont besoin d’éléments naturels pour se déplacer. Un deuxième numéro spécial Infrastructure écologique du journal du Parc fait la part belle aux espèces animales dans le Parc qui ont besoin d’espaces naturels et structurés pour vivre.

Des structures pour se mouvoir
Les structures naturelles telles que les bosquets, les lisières étagées, les haies ou encore les cours d’eau servent de guide, d’abri et de cachette pour de nombreuses espèces. Les chauves-souris par exemple reconnaissent ces structures grâce à leur sonar et les utilisent pour se déplacer. Sans ces structures, elles ont des difficultés à s’orienter lors de leur déplacement.

Parc’Info spécial Infrastructure écologique
Dans le numéro spécial du Parc'info Infrastructure écologique n° 2, quatre espèces liées à différents milieux ont été choisies pour illustrer la nécessité de maintenir des zones dédiées à la nature et les besoins de connectivité de la faune. Qu’il s’agisse du chabot, un poisson tapi au fond des rivières, la rosalie des Alpes, un coléoptère bleu dépendant de la présence de bois mort, l’hermine, un animal discret qui chasse les campagnols dans les prés ou encore de l’hirondelle de fenêtre qui construit son nid sous des avant-toits, toutes ont besoin d’espaces naturels et de structures pour rester présentes dans nos régions.

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Chacun peut participer
Le maintien de vieux arbres ou de vergers permet de renforcer cette infrastructure écologique. Tout un chacun peut participer à ce renforcement en adhérant à la charte des jardins ou encore en mettant un bout de terrain à disposition. Dans le cadre de son projet Trames vertes, le Parc propose des conseils et un soutien financier pour la création ou la revitalisation de petits biotopes dans son périmètre. Si vous êtes disposés à planter des arbres et/ou des buissons indigènes, à créer des milieux rudéraux pour les abeilles ou encore revitaliser ou créer des petits plans d’eau, n’hésitez pas alors à contacter le Parc à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Etangs

Vous êtes propriétaire d’une parcelle sur laquelle se trouvait un étang ? Ou alors d’une zone humide en piteux état ? Si c’est le cas et que vous souhaitez que ces sites redeviennent propices aux grenouilles, crapauds, tritons, et autres libellules contactez-nous !

Les populations d’amphibiens indigènes continuent de diminuer malgré les nombreux efforts mis en place. A l’exception du triton alpestre, de la salamandre noire et de la grenouille rousse, les 13 autres espèces d’amphibiens de Suisse sont classifiées en danger ou vulnérables. L’assèchement des zones humides ou encore l’introduction de poissons dans des étangs qui en étaient dépourvus sont deux des raisons qui ont mené à ce déclin. En aménageant un plan d’eau, vous contribuez à la survie des amphibiens et permettez à une multitude d’autres espèces, par exemple les libellules, de se reproduire et de se déplacer.

Via son projet Trames vertes, le Parc est prêt à prendre en charge au minimum 80% des frais liés à la revitalisation de petits plans d’eau sur son territoire. Il se porte également garant pour proposer des conseils d’aménagement et pour organiser les travaux. Les travaux en milieux humides ont en général lieu à la fin de l’automne/début de l’hiver.

Les propriétaires du terrain devront s’engager à maintenir ces plans d’eau et à assurer une gestion favorable aux amphibiens pour une période d’au moins huit ans via la signature d’une convention.

Renseignement : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Cette offre est valable dans la limite du budget disponible.

Etang Rossinière
 


 Revitalisation d'étangs à Grandvillard

Des étangs sur la commune de Grandvillard et abritant notamment du sonneur à ventre jaune et de la grenouille rousse s’assèchent depuis plusieurs années trop rapidement. Suite à une étude mandatée par le Parc, des travaux ont été entrepris afin de les revitaliser et de les rendre à nouveau propices aux batraciens.

En 2010, des étangs ont été aménagés dans le cadre de la remise en état de la gravière de la Porta à Grandvillard. Ils se sont bien maintenus en eau les premières années et ont permis la reproduction notamment du sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), un batracien menacé en Suisse. Depuis quelques années, il a été constaté que les étangs s’asséchaient trop vite pour permettre aux batraciens de les utiliser comme site de reproduction dès mai-juin.

Suite à ce constat, le Parc a mandaté un bureau pour essayer de comprendre d’où venait le problème. Trois hypothèses ont été évaluées, à savoir une alimentation en eau insuffisante, une mauvaise étanchéité ou autres pertes. D’après Yann Fragnière, biologiste du bureau atelier 11a, les précipitations dans la région sont suffisantes pour approvisionner les étangs en eau et l’étanchéité ne semble pas endommagée. La perte d’eau serait due à la grande quantité de substrat sableux au fond des étangs qui aspirerait l’eau par capillarité. Afin de remédier à ce problème, des travaux ont été entrepris afin d’ôter une partie du substrat sableux.

Ces travaux débutés fin mars ont été terminés avant la période de reproduction du sonneur à ventre jaune qui, espèrons-le, retrouvera dès cette année des sites propices pour se reproduire. 

 

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Nichoirs

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De nombreuses espèces d’oiseaux et de chauves-souris ont réussi à s’acclimater aux milieux bâtis suite à une dégradation de leurs milieux naturels. Mais souvent, les rénovations ou les constructions récentes ne permettent plus aux oiseaux de construire leur nid. Les vieux arbres avec cavités sont également de moins en moins présents. 


Installez un nichoir en bois du Parc!  

  • Nichoir pour rougequeue à front blanc 20.- (prix exceptionnel jusqu’à fin 2021), dès 2022 35.- (réalisé par Horizon Sud, Epagny)
  • Nichoir pour mésanges 35.- (réalisé par Horizon Sud, Epagny)

Les hirondelles

Pour favoriser les hirondelles de fenêtre, des actions de pose de planchettes et de nids sont conduites au printemps dans différentes communes, comme Bas-Intyamon, Haut-Intyamon et Val-de-Charmey.

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Les hirondelles de fenêtre se font de plus en plus rares dans les villages. Une bonne partie des colonies a déjà disparu, victime de la rénovation des façades ou de l’intolérance des propriétaires. Bâtissant leur nid sous les avant-toits, elles dépendent directement de la bienveillance des humains. Or si ces chorégraphes de l’air font la joie de certains, d’autres peuvent être embêtés par les désagréments dus aux fientes. Il existe cependant une solution simple pour limiter les salissures : poser des planchettes en bois en dessous des nids.

Afin d’améliorer la cohabitation, le Parc a organisé la pose de planchettes chez les intéressés des communes de Bas-Intyamon, Haut-Intyamon et dans la vallée de la Jogne. A l’aide d’une échelle souvent bien haute ou perchés en haut d’une nacelle, une planchettes et nids sont posés afin de renforcer les colonies existantes.

L'hermine

L’hermine, Mustela erminea, a besoin de petites structures et de corridors de déplacement. Elle tend à se raréfier. Grande chasseuse de campagnols, elle a été l’espèce cible choisie par le Parc en 2018-2019. 

L’hermine appartient à la famille des mustélidés, elle fait partie des plus petits carnivores en Suisse et vit dans des milieux ouverts et diversifiés. Elle est spécialiste dans la chasse aux campagnols. Les prairies et les pâturages sont donc des territoires de chasse parfaits. C’est une bonne auxiliaire en agriculture car elle permet de réduire les dégâts liés aux campagnols. Son corps mince et ses pattes très courtes lui permettent de se faufiler à l’intérieur des galeries de campagnols. Une famille d’hermine peut en consommer de 50 à 100 par semaine !

C’est un animal très discret qui aime rester à couvert afin de se protéger contre les attaques des renards, rapaces et chouettes. Durant l’hiver, elle change de couleur pour devenir toute blanche à l’exception du bout de la queue qui reste noir, ce qui permet facilement de la différencier de sa cousine la belette.

Malheureusement, elle trouve de moins en moins d’abris et de structures qui offrent un couvert dans le paysage. Sa population tend à diminuer. Afin de la maintenir, des mesures visant sa conservation seront mise en place en collaboration avec les milieux agricoles et forestiers. Des tas spéciaux qui leur permettent d’élever leurs petits seront créés dans trois secteurs dans chaque région du Parc. Des structures comme des bandes herbeuses non fauchées, des haies ou des lisières étagées seront également mises en place dans la mesure du possible afin de connecter les secteurs entre eux. Des actions de sensibilisation auront lieu dont certaines comprendront une initiation à la création des tas spéciaux pour les hermines.

Ce projet sera mené en collaboration avec le Réseau hermine, fondation créée en 2012 et soutenue notamment par la Confédération suisse et IP-Suisse. Le choix de cette espèce est également lié au projet d’infrastructure écologique. Les aménagements qui seront mis en place permettront d’améliorer la mise en réseau au sein des zones ouvertes. L’hermine est également l’animal de l’année 2018 de ProNatura. La fondation Réseau hermine et ProNatura mènent d’ailleurs des projets similaires à celui prévu par le Parc.

La construction d'une nurserie pour hermine en vidéo!

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L’hermine, espèce cible du Parc pour 2018-2019 a fait l’objet de différentes actions menées par le Parc. Une journée thématique lui a été consacrée, des cours de création de tas de nurserie ont été dispensés aux agriculteurs et des tas de nurserie ainsi que des éléments de mise en réseau sont mis en place.

Journée de l’hermine
Le 25 août 2018, une journée tout public a eu lieu sur le thème de l’hermine à Montbovon. Sept stands traitant de différentes thématiques comme l’écologie et la biologie de l’hermine, les milieux dont elle a besoin, sa fonction d’espèce auxiliaire pour l’agriculture ou encore des menaces qui pèsent sur elle étaient répartis sur un parcours d’environ 3 km. Le Mouvement Agricole de l’Intyamon (MAI) était également présent sur un stand afin de présenter son sentier agricole existant depuis 1994 et qui a été en partie utilisé pour le parcours. Une septantaine de personnes ont eu l’occasion d’en apprendre plus sur ce petit mustélidé, de créer des masques d’hermine ou encore des tas de nurserie qui les favorisent.

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Activité de lecture du paysage sur le stand traitant des milieux de l’hermine lors de la journée de l’hermine du 25 août 2018 à Montbovon

 

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Activité de mise en place de tas de nurserie sur le stand traitant du projet espèce cible du Parc toujours lors de la journée de l’hermine

Cours aux agriculteurs
Des cours pour apprendre à mettre en place des tas de branches de manière à favoriser les hermines ont été proposés par le Parc aux agriculteurs membres de l’un des quatre réseau agro-écologique présents dans le périmètre du Parc. Dans chaque région du Parc, des agriculteurs nous ont accueilli sur leur domaine et après une brève présentation de l’espèce, des tas de branches type nurserie ont été créés sur le terrain. Au total, 14 agriculteurs ont participé à ces cours et savent maintenant comment favoriser l’hermine sur leur domaine agricole. 

 

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Démonstration de mise en place d’un tas de nurserie lors du cours donné dans l’Intyamon le 15 octobre 2018

Aménagement de structures dans les secteurs prioritaires
Suite à la définition de trois secteurs d’abri et de chasse pour chaque région du Parc, des contacts ont été pris avec certains agriculteurs concernés. Des visions locales ont été effectuées avec les agriculteurs pour définir les endroits favorables à la mise en place de tas de nurserie et discuter des moyens de les connecter aux territoires de chasse. Une fois que tous les secteurs prioritaires auront été analysés, l’étape suivante consistera à relier entre eux ces trois secteurs en veillant à ce que suffisamment de structures soient présentes sur le territoire afin que les populations d’hermines se maintiennent au mieux. Si vous souhaitez en savoir plus sur la création de tas type nurserie et sur la manière de connecter le territoire pour l’hermine, vous pouvez télécharger la brochure de la Fondation REHM Réseau hermine Mesures pour favoriser les petits mustélidés en zone agricole.

Le hérisson

Ya-t-il encore des hérissons au Pays-d'Enhaut et dans le sud de la Gruyère? Alors qu’il était fréquent par le passé, aucune trace du petit mammifère n’a été trouvée dans ces deux régions lors de la prospection Hérisson y es-tu?

Les résultats d'une prospection réalisée pour le nouvel Atlas des mammifères de Suisse et du Liechtenstein le disent: les hérissons auraient disparu, sans doute depuis une bonne dizaine d'années, du Pays-d'Enhaut et du sud de la Gruyère. Les hivers plus rudes demandant aux hérissons une meilleure préparation pour survivre, le manque de structure dans le paysage y auraient eu un impact plus important.

Si des habitants de ces régions ont en vu ces derniers temps, merci de le signaler (026 924 76 93). Il reste quelque espoir que cette nouvelle soit contredite. D'ici là, pour aider ces animaux et espérer les revoir, il est important de maintenir des éléments de connexion comme des haies composées d'essences indigènes, d'offrir suffisamment d'abris en laissant des tas de feuilles ou de bois en place tout l'hiver. 

Plus d'information

Il n'est pas trop tard pour agir

La cause principale de ce déclin est le propre en ordre helvétique des jardins et des zones agricoles, le manque de haies indigènes touffues et variées, le manque de tas de feuilles et de branches, l'utilisation d'antilimaces contenant du métaldéhyde vendus encore (!) dans les magasins, les pelouses de jardin type mini golf sans fleur ni insecte.

Inspirez-vous de la Charte des Jardins qui propose dix bonnes pratiques d’entretien des jardins et des espaces verts, simples à mettre en place. Dans l’idéal, la Charte des Jardins se développe au niveau de toute une commune afin de mettre en place des réseaux de jardins naturels reliés par des petits passages à travers les barrières et les murs. Ces réseaux de jardins accueillants seraient alors à même de nourrir des familles de hérisson. Il n'est pas trop tard pour agir si nous voulons un jour revoir des hérissons au Pays-d'Enhaut et dans le sud de la Gruyère! 

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Insectes rares dans les forêts de la Pierreuse

La mise en place de réserves forestières permet de créer des zones où une dynamique purement naturelle est réinstaurée. Les arbres qui tombent au sol sont laissés en place et se décomposeront ensuite entièrement. Une étude sur les coléoptères liés au bois mort a récemment été menée dans la réserve de la Pierreuse. Des insectes rares ont notamment pu être identifiés.

Cycle naturel des forêts
De nombreuses espèces sont dépendantes de vieux arbres et du bois mort. C’est le cas des coléoptères saproxiliques. Alors que dans les forêts dites primaires, à savoir qui n’ont jamais été modifiées par l’être humain, la présence de bois mort est assurée, les forêts exploitées ne fournissent généralement plus les conditions nécessaires au maintien des espèces liées au bois mort. En Suisse, il n’y a plus que deux forêts qui peuvent être qualifiées de primaires. La politique nationale actuelle vise à augmenter le nombre de réserves forestières, d’îlots de sénescence et d’arbres habitats. Ces trois mesures ont pour but de laisser des zones ou des arbres suivre leur évolution naturelle.

Recherche sur les forêts de la Pierreuse
La réserve de la Pierreuse située sur les communes de Château-d’Œx et de Rougemont est protégée depuis 1960. Les forêts de cette réserve sont laissées depuis plus de cinquante ans à une évolution naturelle sans intervention humaine. Une étude sur la diversité des coléoptères saproxyliques y a été menée courant 2018.

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En vous promenant dans la réserve certains d’entre vous ont peut-être pu observer de drôles de tubes en plexiglas pendus dans les airs (photo ci-dessus). Il s’agissait de pièges pour les insectes afin de les récolter et de pouvoir ensuite les identifier. Ce travail de recherche a permis l’identification de 125 espèces de coléoptères dont 7 qualifiées de remarquables (p.ex. très rares en Suisse). En comparaison avec d’autres forêts présentant des caractéristiques assez proches, celles de la Pierreuse montrent une bonne richesse de ces insectes.

Une espèce très rare en Suisse, xylita laevigata, que l’on retrouve seulement en zone de montagne a entre autre été identifiée lors de l’échantillonnage. C’est la première fois qu’elle est signalée dans le canton de Vaud. Le développement de cette espèce est lié à la présence de champignons qui poussent sur des troncs.

Des îlots de biodiversité
Les vieux arbres et le bois mort favorisent donc la diversité des espèces. Mais ce n’est pas tout ! Dans les forêts de résineux de montagne, le bois mort est essentiel à leur régénération. L’épicéa profite de pousser sur des souches et des troncs couchés au sol pour éviter la concurrence avec les plantes herbacées. Le fait de stimuler la régénération de la forêt et par leur présence au sol, ces arbres morts contribuent aussi à la protection contre les avalanches et les chutes de pierre.

Les diverses mesures de biodiversité en forêt peuvent être prise par tout propriétaire. Vous trouverez plus d’informations et de détails sur les subventionnements en cliquant sur ce lien

photo © Yannick Chittaro

Des bénévoles

Leone Marais

Leone Marais participe souvent aux actions bénévoles du Parc. De la journée d’arrachage des néophytes à la cartographie des narcisses en passant par le sauvetage des amphibiens et les plantations de haies, elle contribue avec détermination à la sauvegarde de la biodiversité. Une motivation normale si l’on aime la nature, estime cette habitante de Cerniat.

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Vous participez souvent en tant que bénévole aux actions du Parc.

Tout le monde dit aimer la nature. Si on aime la nature, il est important de contribuer à son maintien. J’ai commencé par nettoyer un champ, près de chez moi. Il y avait une grande quantité de seneçons jacobées. Ce n’est pas une plante invasive, mais elle n’est pas bonne pour le bétail. Cela m’a pris une trentaine d’heures. Et je recommence chaque année.

Quelles sont vos motivations ?

Avant d’habiter à Cerniat, je vivais à Leysin. En me promenant, je voyais des mégots de cigarette le long du chemin. J’étais fâchée. Et puis je me suis dit un jour : ramasse ces mégots, comme ça la prochaine fois tu ne les verras plus. Si j’en ai marre avec quelque chose, j’agis. Je ne peux pas laisser ce que les gens jettent, c’est un manque de respect pour la nature.

Que préférez-vous dans la nature ? Les oiseaux, les plantes ?

Tout. La biodiversité est un tout, tout m’intéresse, les animaux comme les plantes. J’ai participé au recensement pour l’Atlas suisse des oiseaux 2013-2016 comme je participe à des actions du Parc pour les batraciens ou pour les plantes. J’apprécie le contact avec les humains, mais celui avec la nature… J’observe un papillon dans mon jardin et je suis heureuse.

Comment est votre jardin ?

J’adore jardiner, même si le terrain qui entoure mon chalet manque de soleil. Je laisse le jardin un peu sauvage, ainsi chaque année il est différent. Exemple avec l’achillée millefeuille qui est excellente pour les abeilles. Ces fleurs se sont ressemées toutes seules. J’en ai eu beaucoup cet été. Une amie qui fait pousser des fleurs au fond de la vallée du Javroz m’apporte des graines. Je les sème et je regarde ce qui fonctionne, cela m’offre de belles surprises.

Quels conseils donneriez-vous pour le jardin ?

Il n’y a pas besoin d’être paysagiste pour faire quelque chose de joli. Il suffit de beaucoup observer. Laisser faire la nature est le meilleur conseil. Je peux citer l’exemple d’un tas de terre nue, qui était au bord de la route en raison de travaux. Des plantes magnifiques ont poussé naturellement. J’ai juste enlevé ce qui envahissait.

Vous privilégiez les plantes indigènes.

Dans le jardin des particuliers, je suis frappée de voir qu’il n’y a pas ou si peu de plantes indigènes. Le Parc ne le dit pas assez fort. Beaucoup d’essences ne viennent pas d’Europe, on plante pour le beau pas pour la biodiversité. Planter des arbustes indigènes pour les oiseaux, c’est facile. Même si le bénéfice n’est pas forcément pour nous, mais pour la nature. Si on plante un arbre, c’est pour la prochaine génération, les gens veulent les choses tout de suite, cette mentalité se retrouve partout. Je le constate également en Afrique du Sud, mon pays d’origine.

Vous participez à l’arrachage des plantes dites envahissantes.

Oui, et j’aimerais dire qu’une journée d’arrachage, telle qu’elle est organisée par le Parc, ne suffit pas ! Je peux vous citer l’exemple du cosmos en Afrique du Sud. C’est une vraie plaie pour les agriculteurs, il a envahi des régions entières. Les communes n’engagent pas assez d’argent. Si l’on ne lutte pas tout de suite, il sera trop tard. Et cela coûtera bien plus.


Suzanne et René Reiser

Neuf bénévoles se sont activés autour de la barrière à amphibiens située entre Enney et Villars-sous-Mont. Ils ont réussi ainsi à faire traverser sans encombre quelque 1'000 amphibiens. Mise en place en 1996, par le service de la nature et du paysage du canton de Fribourg, cette barrière est gérée depuis cette année avec le Parc. Gros plan sur le terrain avec Suzanne et René Reiser, deux des bénévoles qui participent au maintien des amphibiens menacés en Suisse.

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Un dimanche fin mars, 6h45, au bord de la route cantonale, dans l’Intyamon. Il fait frais, mais sec. Pas sûr de trouver des animaux dans les seaux disposés le long des 800 mètres de barrière à amphibiens, placée à la Delèze. Et pourtant ils seront 21 crapauds à être transférés en toute sécurité ce matin-là. Ce qui n’empêche pas d’observer quelques batraciens écrasés sur la route, montre René Reiser qui vient de récupérer des téméraires sur la route, ceux-là ont réussi a passé la barrière. La lenteur de leur progression ne leur donne quasiment aucune chance d’échapper aux roues des voitures, d’autant qu’il y a encore la voie de chemin de fer à traverser.

Suzanne et René Reiser sont là tous les week-ends, durant le mois de la migration des amphibiens. Ils en ont déjà récupéré trois cents un matin de pluie. Ce n’est pas encore le grand pic qui peut voir descendre de la forêt, en une seule nuit, plusieurs centaines d'individus.

Alors que certains feraient la grimace au moment de toucher ces animaux, Suzanne Reiser, droguiste à la retraite, n’est pas dégoutée pour un sou. Elle raconte la douceur du contact de leur peau dans la paume. On sent leur cœur battre, c’est fort de les sentir vivants dans ses mains. Elle comprend qu’on puisse ne pas les apprécier, mais ce n’est pas une raison pour les laisser se faire écraser. Les aimer c’est un choix, les protéger c’est un devoir.

Elle s’est proposée comme bénévole lorsqu’elle a vu un soir de pluie le massacre sur la route. Depuis elle et son mari, qui vivent à Enney, offrent de leur temps chaque année. Très investis dans leur tâche, ils leur arrivent de venir le soir quand il pleut beaucoup. Je ne peux pas rester sur mon canapé devant la télé à ne rien faire surtout que je connais les endroits où ils peuvent passer en évitant la barrière. Cette année, leur action a permis de sauver hors barrière environ 190 crapauds.

Un moment que Suzanne Reiser apprécie beaucoup : libérer les amphibiens. Elle les dépose avec délicatesse, un par un. Elle les recouvre de feuilles, leur souhaite bonne chance. Ils sont libres maintenant de se rendre vers les étangs situés en contrebas pour se reproduire.

Signalez la grande pimprenelle

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La grande pimprenelle, aussi appelée pimprenelle officinale, est une fleur typique des prairies humides et des bas-marais. Elle est notamment utilisée par deux espèces très menacées de papillons comme plante hôte de leurs chenilles. Une enquête participative a été lancée par Info flora en 2108, le centre national de données et d’informations sur la flore de Suisse pour demander à tout en chacun de transmettre leurs observations de cette plante.

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La grande pimprenelle se distingue par ses fleurs d’une couleur pourpre foncé regroupées en inflorescence de forme ovoïde ou oblongue et ses feuilles imparipennées. Pouvant atteindre un mètre de haut, elle fleurit entre juin et septembre. Elle se retrouve principalement dans des prairies humides et des bas-marais entre les étages collinéens et subalpins. Au cours des 200 dernières années, près de 90% des marais de Suisse ont été détruits suite aux drainages, corrections de cours d’eau et constructions. La grande pimprenelle est donc potentiellement menacée et toute observation permettra d’améliorer les connaissances sur notre flore.

Deux espèces de papillons rares, l’azuré des paluds et l’azuré de la sanguisorbe, sont dépendantes de la présence de cette plante pour leur reproduction. Ces deux papillons ne pondent leurs œufs que sur la grande pimprenelle. Ce n’est pas tout, les chenilles de ces deux papillons sont dépendantes de la présence de certaines fourmis. Les chenilles vont sécréter des substances qui vont faire croire aux fourmis qu’elles sont une de leur larve et se faire élever ensuite par la colonie de fourmis !

Afin de mieux connaître la répartition actuelle de cette plante et donc potentiellement des deux espèces de papillons, Info flora, le centre national de données et d’informations sur la flore de Suisse, a lancé une enquête participative. En 2018, 495 observations ont été annoncées. Vous pouvez continuer d’annoncer toutes vos observations directement sur le site www.infoflora.ch ou via l’application FlorApp. Pour les personnes qui ne souhaiteraient pas se créer de compte, vous pouvez transmettre vos observations au Parc par email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou par téléphone au 026 924 76 93 en mentionnant la date de l’observation et la localisation (si possible des coordonnées géographiques ou à l’aide d’une carte). N’hésitez pas à ajouter des photos surtout si un papillon est présent sur la plante !

Il n’est pas toujours facile de les identifier c’est pourquoi infoflora demande de leur transmettre les observations avec des photos. Avec une image de la plante entière, de l’inflorescence et une bonne photo macro d’une fleur fraîchement épanouie, il leur sera possible de les identifier !

Cartographie des prairies à narcisses

Le narcisse, plante emblématique du Parc, a fait l’objet d’une prospection générale étalée sur 2016 et 2017. 1855 ha de prairies à narcisses ont été cartographiées par catégorie d’abondance, principalement dans l’Intyamon, au Pays-d’Enhaut et à Montreux. Les données issues de l’inventaire ont été analysées afin de mieux comprendre la répartition de cette espèce dans le Parc et de proposer des mesures visant sa conservation (rapport téléchargeable à la fin de l'article). Pour celles et ceux qui désirent observer cette fleur de mai dans la nature, le Parc, avec la Société d’intérêt des Avants, l’association Narcisses Riviera, la commune de Montreux et Montreux Vevey Tourisme, propose le sentier des narcisses aux Avants.

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Cartographie
Grace notamment à la participation de 28 bénévoles, le Parc a pu réaliser un inventaire complet des prairies à narcisses sur son territoire. Au total, 1’855 ha de prairies à narcisses qui ont été cartographiées selon 5 classes d’abondance. C’est dans l’Intyamon que ces prairies sont les plus nombreuses. En tenant compte de la surface de la région, celle des Rochers de Naye est très proche de l’Intyamon pour les prairies avec une présence abondante de narcisses. La Jogne qui ne possède qu’a peine 1% des prairies inventoriées tend à indiquer que cette région se trouve en marge de la répartition du narcisse.

Sur la commune de Rougemont, une zone a été prospectée spécialement pour les jonquilles, qui ont une période de floraison plus précoce que les narcisses. Dans cette zone, les narcisses sont en limite de répartition et des jonquilles sont présentes. Au total, ce sont 10.3 ha de prairies à jonquilles qui ont été inventoriés, principalement avec une faible densité de jonquilles.

Distribution
A l’aide d’un système d’information géographique, la distribution des narcisses le long d’un gradient altitudinal et la comparaison entre surface agricole utile et zone d’estivage ont été étudiées. De fortes variations entre les régions ont pu être observées. Dans l’Intyamon les prairies à narcisses se retrouvent principalement entre 1200 et 1800 m,  en zone d’estivage, sur les deux versants de la vallée de la Sarine, comme l’attestent les secteurs emblématiques de la Dent de Lys ou de la Dent du Bourgo. Au Pays-d’Enhaut les plus grandes surfaces de prairies à narcisses sont situées au-delà de 1500 m, en particulier dans les prairies de fauche d’altitude comme les Mérils. De manière générale les prairies à narcisses ne se trouvent plus qu’à l’état de reliques dans les alentours des fermes et des villages, à l’exception de la Riviera. Dans cette région du parc les prairies à narcisses se concentrent sur la commune de Montreux, au nord de la Veraye, elles se situent majoritairement en dessous de 1200m aux avec une différence moins marquée entre la surface agricole et la zone d’estivage que dans le reste du parc.

Recoupement avec les mesures de conservation
La diminution drastique des prairies à narcisses depuis une cinquantaine d’années est un constat connu de tous, mais force est de constater qu’il n’a jamais été documenté. Cette diminution n’est certainement pas, ou très peu, liée à l’activité d’intense cueillette qui a caractérisé cette plante dans nos régions de la belle époque aux années 1970. La disparition du narcisse s’explique par la modification des pratiques agricoles (en particulier l’intensification de l’exploitations des prairies naturelles, avec une première utilisation toujours plus précoce), mais aussi l’urbanisation et le recul des surfaces agricoles, laissant place au retour de la forêt.

Des mesures visant la conservation du narcisse existent déjà. Cet inventaire permettra notamment aux agricultrices et agriculteurs d’annoncer la mesure paysagère « prairies à narcisses et à jonquilles » créée dans le cadre des projets de qualité paysagère de l’agriculture en 2014. Cette mesure, dédommagée via le versement de paiements directs, retarde l’utilisation de la parcelle afin de laisser suffisamment de temps à la plante pour stocker de l’énergie. En 2017, 121 mesures qui se recoupaient avec l’inventaire du Parc étaient déjà annoncées.

Les agricultrices et agriculteurs doivent inscrire une partie de leur surface agricole utile (SAU) en surfaces de promotion de la biodiversité (SPB). Dans les zones de montagne il s’agit de surfaces herbagères, dont l’utilisation est retardée et qui sont peu ou pas fumées. Dans l’Intyamon, les SPB représentent 17,5% de la SAU, or environ 50% des prairies à narcisses inventoriée en SAU se retrouvent dans une SPB. Dans la région du Pays-d’Enhaut, au sein de ces SPB, les prairies à narcisses se retrouvent fréquemment dans des prairies qui sont légèrement fumées. 

Prairies à narcisses et infrastructure écologique
La réalisation de l’inventaire a été intégrée au projet d’infrastructure écologique. L’analyse de cette dernière a mis en avant les zones présentant une richesse écologique élevée et comment les connecter entre elles. Environ 80% des prairies inventoriées se retrouvent dans les zones de haute valeur ou de connexion. Des mesures de conservation du narcisse permettraient donc également de renforcer la qualité de cette infrastructure écologique.

Comparaison des inventaires sur la commune de Montreux
Un inventaire sur la commune de Montreux utilisant la même méthode de cartographie avait été réalisé en 1998. Ces données comparées à celles de l’inventaire de 2016-2017 montrent une tendance à une forte diminution des prairies à narcisses avec une abondance éparse à moyenne. Il faut noter également que certaines prairies inventoriées en 2016-2017 n'avaient pas été observées en 1998. Suite à l’inventaire de 1998, des conventions visant la conservation du narcisse avaient été mises en place par la commune de Montreux. Les résultats indiquent que malgré ces conventions, les narcisses tendent à diminuer, mais ils ne permettent pas de savoir si cette diminution a été ralentie par ces contrats communaux, dont les premiers datent de 2009.

Suite du projet
Les différentes analyses tendent à indiquer que le narcisse se plait dans des prairies dont l’utilisation est retardée et qui sont légèrement fumées. Des discussions visant à retracer l’historique des parcelles sous contrat de gestion avec la commune de Montreux seront menées avec les exploitantes et exploitants afin d’essayer de comprendre les causes de la diminution de l’espèce. Par ailleurs le Parc souhaite encourager un essai de conservation de prairies à narcisses présentes malgré le boisement des parcelles, en collaboration avec les forestiers de Montreux.

Le rapport complet avec des cartes de répartition

 

 

PARC NATUREL REGIONAL GRUYERE PAYS-D'ENHAUT

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